L’ajout d’évènements gratuits, répétitifs pouvait tuer éventuellement le fragile équilibre de l’industrie touristique. Tout cela constituait un commentaire à une question anodine, d’un journaliste très bien intentionné, qui avait entrepris un certain dimanche de prédire et documenter ce que serait l’été 2009 en Mauricie.
Pour certaines et certains, j’étais un braillard et j’en passe encore, le summum allant même jusqu'à m'accuser de ridiculiser l’ensemble de la population de la Mauricie. J’ai été subjugué devant l’avalanche d’épithètes, parfois bien près du libelle, venant de certaines gens, parfois de la région, qui n’ont jamais osé tenter de me poser la question sur ce qui m’avait amené à cette mise en garde, ce cri d’alarme. J’ai répondu à toutes les demandes d’entrevues, même en dehors de la région, sachant fort bien que celui qui a la main sur le contrôle du volume a un avantage indéniable, sur son objectif de mise en boîte, si cela est son but ultime. Mais, dans de rares cas, la mise en garde semblait partagée, parce qu’un questionnement approfondi avait nourri le propos de ses auteurs. J’ai même été renversé de lire dans certains articles que le bon maire Labeaume, lui, il l’avait la recette miracle.
Bref, avec une température extérieure qui a oscillée à +3 °C en ce début de matinée cette semaine, j’ai conclu que l’été 2009 tirait vraisemblablement à sa fin et qu’il était temps d’en regarder et partager les résultats et … les questionnements.
Alors, je vais vous surprendre et même stigmatiser certains possesseurs de la vérité absolue: L’été 2009 fut très bon et mauvais, en Mauricie et au Québec.
Et pourtant, dans l’esprit et/ou la perception de plusieurs personnes, on m’a mentionné que la cause principale des mauvais résultats de cet été, c’était la pluie. D’autres m’ont affirmé que c’était la récession économique. Et les raisons les plus savoureuses furent certainement que les résultats actuels relevaient des suites du SRAS, du BUY AMERICAN, de la guerre en Irak, en Afghanistan ou encore ailleurs sur Pluton et naturellement de Septembre 2001. À vrai dire, il ne me restait qu’à consulter les astrologues et les gens de la météo pour fourbir la liste des raisons qui manquaient à ma besace.
Trêve de plaisanteries, ma mise en garde a trouvé un écho et des suites insoupçonnées à peine quelques mois plus tard. La même personne qui prétendait aider l’ensemble de l’industrie avec ses évènements gratuits et son trop plein de touristes qui déborderaient chez nous, a maintenant l’audace de s’insurger devant le déménagement de date d’un évènement dirigé sous la gouverne d’un pauvre OSBL de la région de Montréal et que cela pourrait porter ombrage à des festivités se déroulant chez lui. Vous vous demandez où je veux en venir? Croyez-moi, la conclusion sera percutante, enfin, je le crois. Après enquête auprès de plusieurs entreprises touristiques, voilà les résultats de l’été 2009 :
- L’été fut EXCELLENT pour ceux qui proposaient des activités intérieures et cela, GRÂCE à la pluie. Alors, il faut croire que la pluie en favorise certains. Vive la pluie annoncée!
- L’été fut aussi excellent pour ceux qui avaient un produit de niche, distinctif, voire exclusif. Peut-être ont-ils enjolivé les ré sultats, me direz-vous ? Le nombre de 2$ recueillis en taxe d’hébergement semble tendre à soutenir leur propos hors de tout doute.
- Alors, vous ne serez pas surpris de constater que ce fût difficile pour ceux qui avaient des activités extérieures à proposer. Haro sur la pluie qui a plu!
- Pourtant, plusieurs évènements ont connu des baisses de fréquentations sans que leur déroulement n’ait été interrompu ou reporté en aucun moment pour cause de pluie.
Alors là, j’étais perplexe.
Qu’est-ce qui pouvait en être la ou les causes? J’ai fouillé, j’ai questionné et j’ai possiblement trouvé des pistes:
- «La concurrence est forte» (Cyberpresse): Les spectacles à grand déploiements des régions en difficulté devant les événements gratuits
Je ne vous révèlerai pas qui sont les gens du secteur touristique qui m’ont fait part - discrètement, il faut l’avouer... - que mon cri d’alarme du 4 mai avait des bases solides et qu’ils le partageaient. Mais à la lecture de mes recherches sur les résultats touristiques de l’été 2009, une évidence semblait crever l’écran radar des résultats.
Comme me disait un confrère de travail d’une autre région, le nombre de touristes a peu augmenté dans les régions, malgré tous les efforts croissants de promotion des cinq dernières années. La clientèle québécoise est demeurée stable ou croissante dans la plupart des régions, soit une proportion de 85 à 95%. Pour de multiples raisons hors du contrôle de tous les intervenants, la clientèle d’outre frontière, qui a régressé, demeure marginale pour la plupart des régions, soit 5 à 10%. Ainsi, tout devrait donc être au beau fixe dans les résultats. Ce qui n’est pas le cas.
L’évidence était pourtant à portée de vue. Ô tellement simple que personne ne voudra y croire selon moi. L’industrie touristique a copié le modèle d’affaires des dépanneurs d’il y a 10-15 ans.
L’industrie touristique a érigé, au fil des années, 3 dépanneurs sur les coins de rue les plus achalandés. De plus, nos gouvernements ont dû les subventionner dans leurs opérations annuelles, pour assurer leur pérennité. Alors, imaginez le résultat de la venue d’un 4e dépanneur touristique, où tout est gratuit. On me dit, et certains affirment qu’il attirera tellement d’affluence que la clientèle fréquentera ainsi les trois premiers et au-delà. C’est sur ce point qu’on me traite d’alarmiste. Alarmiste ou réaliste?
Comme quoi, on retient difficilement les leçons du passé et les déboires du présent.
Résultats connus dans bien des endroits de la province : deux des trois premiers dépanneurs ont fermés. Le troisième ne sait pas s’il va survivre plus de 12 mois. Mais le quatrième va très bien. Il fera sûrement les manchettes nationales.
Mais, il faut être bon joueur. Et rendons à Juvénal et à ceux qui savent reconnaître les mérites de la capitale, Rome, qui l’a rejetée, à savoir ce qui lui appartient comme opinion sur celle-ci: Du pain et des jeux avant tout.
Et quoi de nouveau à l’horizon touristique dans les prochaines années?
Tchou-tchou!!! À surveiller : les trains touristiques et les ports pour croisiéristes qui seront nos nouveaux dépanneurs. Ce sera la manne. Nul doute. Les EX-perts l’ont affirmé.
J’aurais préféré cent fois avoir tort. Hélas !!! Je m’en retourne prendre mon nescafé. Je vais monter en haut de la tour pour tenter de voir un tout-ti peu plus loin ce que sera la saison 2010.











Laisser un message